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mai 2009       Les rémunérations délirantes des fonctionnaires européens
Salaire de cadre en guise de SMIC, primes et allocations qui crèvent les plafonds, etc… Il fait bon vivre aux frais du contribuable !

Dans le cadre de la campagne européenne, les candidats, à cours d’idées originales, sont de plus en plus nombreux à réclamer l’institution d’un impôt européen. Henri Weber, ténor du Parti socialiste, s’est exprimé sans ambiguïté : « L’Europe a besoin de ressources propres car son budget est trop faible ». Au Modem, Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, est exactement sur la même longueur d’onde : « Le budget devrait être le moyen pour l’Union européenne d’afficher ses ambitions et de préparer l’avenir. Il faut donc l’augmenter, si possible par une ressource autonome ». Enfin, moins surprenant, Patrick Le Hyaric, du Parti communiste, prêche religieusement l’augmentation du « budget européen afin qu’il puisse participer à la progression des niveaux sociaux de pays en retard ».

Un tel appétit de ressources fraîches, pièces sonnantes et trébuchantes directement prélevées dans la poche du contribuable, mérite que l’on s’interroge sérieusement sur le train de vie de la bureaucratie européenne dont le budget 2009 atteint la bagatelle de… 135 milliards d’euros. Que font-ils de tout cet argent, quel est le train de vie des 40 000 fonctionnaires de Bruxelles ?

Certes, la frénésie des subventions engloutie une belle partie de ce pactole. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les fonctionnaires n’oublient pas de se servir au passage. Traitements de base, allocations, primes, indemnités, etc… Tout y est hors norme, un peu comme si les sommets de l’Europe donnaient la folie des grandeurs.

Des traitements deux à trois fois plus élevés qu’au niveau national

Un règlement européen du 18 décembre 2008 présente, au dixième de centime d’euro près, les rémunérations des fonctionnaires pour l’année en cours. Tout au bas de l’échelle, le « smicard » bruxellois émarge à 2 556,91 € par mois. Tout en haut, le technocrate récolte 17 697,68 €. Qui dit mieux ?

Entendons nous bien… En bas de l’échelle, il s’agit d’un fonctionnaire de type « catégorie C », sans qualification particulière, sans ancienneté, dont la fonction consiste à triller la paperasse ou à réaliser de la manutention. Pour mémoire, en France, le SMIC est deux fois moins élevé et dans des pays comme la Bulgarie, la Hongrie ou la Roumanie, les salaires minimums oscillent entre 100 et 300 euros par mois.

Le haut fonctionnaire – genre énarque polyglotte – peut, quant à lui, être embauché directement au grade 16, échelon 1. Sa carrière est alors fulgurante. Au départ, il perçoit 16 299,08 € par mois. Après deux ans d’ancienneté, il passera automatiquement à l’échelon 2 et touchera 16 983,99 €. Au bout de quatre ans, il sera à l’échelon 3 et son traitement atteindra alors le plafond : 17 687,68 €.

Enfin, qu’il s’agisse du « smicard » bruxellois ou d’une huile, il ne s’agit là que de traitements de base. Car, comme si cela ne suffisait pas, plusieurs primes ou allocations très substantielles viennent encore agrémenter la feuille de paie de ces champions de la vertu budgétaire.

Des allocations familiales qui s’apparentent à de véritables salaires

Au moins quatre grandes indemnités sont couramment distribuées :

  • L’indemnité de dépaysement est offerte à tous les fonctionnaires qui ne sont pas affectés dans leur pays d’origine. Etant quasiment tous basés à Bruxelles, une grande majorité d’entre eux a donc droit à ce supplément qui est égal à 16 % du traitement de base. Le traitement du « smicard » bruxellois passe donc de 2 556,91 € à 2 966,01 € par mois et celui du haut fonctionnaire de 17 687,68 € à 20 517,71 €…
  • L’allocation de foyer est également versée à la plupart d’entre eux. Seuls les célibataires endurcis n’y ont pas droit puisque pour la toucher il suffit d’être marié ou de déclarer, tout simplement, vivre maritalement… Son montant est égal à 2 % du traitement de base, auquel s’ajoute un forfait de 164,27 €. Pour le « smicard » bruxellois, qui touche déjà l’indemnité de dépaysement, la rémunération franchit alors la barre des 3 000 € (3 189,60 €). Pour le haut fonctionnaire, elle s’établit à 21 092,33 €.

Et, ce n’est pas tout ! Toujours bonne mère, l’Administration européenne estime que ces émoluments sont encore très insuffisants pour ceux qui ont charge de famille. Deux autres allocations – et pas des moindres ! – sont alors distribuées :

  • L’allocation pour enfant à charge qui s’élève 358,96 € par mois et par enfant.
  • L’allocation scolaire qui s’élève à 243,55 € par mois et par enfant scolarisé, y compris en études supérieures (jusqu’à 26 ans).

Si notre « smicard » bruxellois a trois enfants scolarisés, sa rémunération passe alors de 3 189,60 € à… près de 5 000 € par mois ! Quant au haut fonctionnaire, elle atteint 22 900 € par mois. Dans les deux cas, ce qui s’appelle des « allocations familiales » au niveau de l’Union européenne s’apparente à de véritables salaires pour le commun des mortel (1 800 € par mois).

Dans ces conditions, la proposition des « Weber », « Sarnez » et consorts pour l’établissement d’un impôt européen apparaît comme de la pure démagogie. Autant dire que le « gendarme de Bruxelles » ne connaît ni la crise, ni la gêne… Ses sermons sur la vertu budgétaire et les déficits « zéro » ont beau être louables ils sonnent de plus en plus faux !

 

 

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