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Le sujet pourrait porter à rire s’il n’était si sérieux… Vendredi 4 avril, le Président de la République a présenté sa « réforme » (sic) censée redresser les finances publiques : plus de 40 milliards d’euros de déficit annuel et 1 250 milliards de dette publique !
Tout a commencé sous les meilleurs auspices. Après avoir présenté la journée comme « historique », le Président de la République a précisé solennellement l’objet de son intervention : « Le temps de la réforme de l’Etat est venu », cette réforme « sans arrêt scandée et toujours différée ». Enfin !
A l’appui de ses propos, le Président propose, pour purger l’Etat malade, un plan qui ne compte pas moins de… 166 mesures d’économie. Du jamais vu ! Tous les secteurs de l’administration sont passés au crible : le logement social, les subventions aux entreprises, la diplomatie et ses services pléthoriques, la bureaucratie d’Outre-mer, l’organisation de la sécurité sociale, etc. Le bilan est accablant d’autant que certaines révélations du Président confirment sans détours l’état d’abus et de laisser-aller permanent dans lequel se trouve l’administration française :
- 721 fonctionnaires sont affectés à l’ambassade de France au Sénégal,
- pas moins de 8 800 obligations administratives (déclarations, impôts, etc.) qui pèsent sur les entreprises ont été recensées,
- à peine créé, le nouveau ministère de « l’Immigration et de l’Identité nationale » est déjà géré en dépit du bon sens avec des procédures administratives à n’en plus finir, etc.
On en passe et des meilleures…
Après un tel diagnostic, on s’attend à un remède de choc. Mais là, plus rien… La montagne accouche d’une souris.
Le plus sérieusement du monde, le Président propose 7 milliards d’euros d’économie, d’ici 2011. Des clopinettes ! Certes, à l’échelle de l’individu, cette somme suffit à nous donner le vertige mais pour l’Etat, et compte tenu de ses finances, c’est proprement insignifiant.
7 milliards d’euros d’ici 2011, soit à peine 2 milliards d’euros d’économie par an, c'est une goutte d’eau par rapport à l’océan des dépenses publiques (Etat + collectivités locales + Sécurité sociale) qui s’élèvent à 1 000 milliards d’euros par an.
Le pire, c’est que ces économies de bouts de chandelles vont être totalement absorbées par « les dépenses contraintes ». Cette expression un brin fataliste, employée par le ministère des Finances, recouvre, notamment, la hausse des intérêts de la dette publique et l’augmentation mécanique – du fait des recrutements massifs de fonctionnaires dans les années 1970 et 1980 – des dépenses de retraite de l’Etat.
En 2007, ces deux postes de dépense ont augmenté, respectivement, de 1,6 milliard et de 2 milliards d’euros ; et rien, pour cette année et les exercices à venir, ne semble pouvoir éviter de nouvelles hausses. Avant même d’être réalisées, voilà donc nos économies largement englouties.
Au bout du compte, la politique du gouvernement est plus guidée par des vues à court terme que par une vraie volonté de moderniser notre pays. On simule la réforme pour mieux gérer le statu quo.
Historique la réforme ?
Les pseudo réformes de l’Etat se suivent et se ressemblent. Seule évolution : à force de reculer les échéances, nos gouvernants ont de moins en moins de marges de manœuvre et doivent faire de plus en plus d’esbroufe pour garder leurs habits de sauveurs de la nation.
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