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| Juin 2006 |
L’hôpital malade de ses fonctionnaires |
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| La Cour des comptes, dans son dernier rapport, s’est penchée sur la gestion du personnel des hôpitaux publics : dérapage des dépenses, sureffectif chez les employés administratifs, pénurie de médecins spécialistes, le constat est accablant. |
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Le rapport révèle une gestion surréaliste des ressources humaines dans le milieu hospitalier, dont l’administration ne sait pas combien de personnes elle emploie, combien de temps elles travaillent, ni même le montant de leurs rémunérations.
Après enquête, il apparaît que les « établissements publics comptent près de 860 000 personnes » pour un coût de 38 milliards d’euros.
Parmi ce personnel, la grande masse des fonctionnaires administratifs ne cesse d’augmenter alors même que l’activité de l’hôpital public est en recule.
De 1997 à 2003, le nombre d’entrées de patients à l’hôpital public a baissé de 3,3 % et le nombre de lits et de places de 6,2 %. Pourtant, sur la même période, les effectifs du personnel non médical ont augmenté de près de 10 % passant de 644 204 emplois à temps plein à 706 061.
La cause ? Un absentéisme inouï, en moyenne plus de 25 jours par an et par agent. Le passage aux trente-cinq heures ; à ce titre, plus de 38 000 postes ont été créés pour la seule année 2004.
Sans compter que dans certains établissements, comme à l’hôpital de Montauban, le personnel travail moins que la durée légale.
En revanche, le manque de médecins devient criant. C’est la conséquence de la politique malthusienne qui a été menée durant des années pour sélectionner les candidats à l’entrée dans la profession. De 1971 à 1993, le concours est passé de 8 588 places à 3 500. C’est ainsi que l’administration pensait réduire les dépenses de santé !
Pour remédier à ces carences, les établissements embauchent, de plus en plus fréquemment et en toute illégalité, des médecins qui ont été formés hors de l’Union européenne.
Par ailleurs, beaucoup de médecins sont contraints de multiplier les heures. Ils travaillent à des cadences infernales et négligent les plages de repos obligatoires.
Ainsi, les magistrats mettent en garde contre les hôpitaux qui assurent la permanence des soins dans « des conditions précaires (…) qui sont à la fois onéreuses et potentiellement dangereuses pour les malades ». Dans ce contexte, ils n’ont d’autres alternatives que d’encourager les pouvoirs publics à prendre des mesures radicales : « la fermeture de certains services ».
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