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L'Etat est notre serviteur et nous n'avons pas à en être les esclaves - Albert Einstein.
Mars 2007      Sécurité sociale : la dette explose
Nos gouvernants ne cessent de répéter qu’ils maîtrisent, désormais, les déficits de l’Etat (sic) mais demeurent totalement muets lorsqu’il s’agit de la Sécurité sociale. Pour cause, au cours des cinq dernières années, ses dépenses ont augmenté de plus de 70 milliards d’euros et la dette sociale a, quant à elle, presque triplé !

En 2002, la dette de la Sécurité sociale s’élevait à 23 milliards d’euros. Aujourd’hui, elle est de plus de 75 milliards. Un gouffre d’autant plus stupéfiant que la CSG et la CRDS ont justement été créées au cours des années 1990 pour renflouer les caisses et que ces nouveaux impôts ont régulièrement augmenté.

La dette sociale de 2002 à 2006
en milliards d’euros
2002 2003 2004 2005 2006
23,0 30,0 65,7 72,7 75,6
  Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2007


La plupart des rapports de l’Administration justifient une telle dérive en dressant un tableau fataliste des dépenses sociales : face au vieillissement de la population, n’est-il pas inévitable que les dépenses de retraite et de santé augmentent ?

Si l’argument n’est pas sans fondement, il n’est pas pour autant convaincant. Les hommes politiques portent une lourde responsabilité dans cette explosion de la dette sociale.

Tout d’abord, la Sécurité sociale, en raison de son mode de fonctionnement, est en déficit structurel et son mode de gestion archaïque est largement entretenu par les gouvernements successifs. Chacun promet « la grande réforme », mais il ne s’agit, à chaque fois, que de replâtrages.

A cet égard, la loi Fillon du 21 août 2003, sur les retraites, est édifiante. Il s’agissait, ni plus ni moins, de sauver le système par répartition. Or, la loi n’a fait que compliquer à souhait un système qui était déjà devenu illisible. De plus, elle a organisé de nouvelles dépenses sans en prévoir le financement, comme la création d’un régime de retraite additionnel pour les fonctionnaires où la possibilité de départs à la retraite anticipés pour les carrières longues. Dans ces conditions, la sanction ne s’est pas fait attendre : l’année suivante, la dette sociale a plus que doublé, passant de 30 milliards d’euros à plus de 65 milliards, et, quelques mois plus tard, les comptes du régime général basculaient irrémédiablement dans le rouge pour, depuis, ne plus en ressortir.

Ensuite, la lecture attentive des comptes de l’Etat révèle qu’au cours des dernières années la Sécurité sociale est devenue la variable d’ajustement du Budget. Autrement dit, lorsque le gouvernement se targue de maîtriser les déficits, c’est beaucoup plus parce qu’il a joué la politique des vases communicants, en siphonnant allégrement les caisses de sécurité sociale, que parce qu’il a réduit les dépenses de son administration.

A titre d’exemple, l’Etat employeur paie avec de plus en plus de retard une partie de ses charges patronales ou concède des exonérations de charges à certaines entreprises, sans en indemniser la Sécurité sociale. Par conséquent, si le déficit de l’Etat est maintenu à un niveau prétendu « supportable », les comptes de l’assurance maladie, quant à eux, plongent littéralement.

Aujourd’hui, l’Etat doit 7 milliards d’euros aux différents organismes de Sécurité sociale, dont les trois quarts au seul régime général. Difficile, dans ces circonstances, d’invoquer le « retour à l’orthodoxie budgétaire ».

Pour limiter les déficits effrénés de l’Etat, nos gouvernants nous endettent par le biais de la Sécurité sociale. Une voie budgétaire sans issue car, quel que soit l’organisme public débiteur, les Français paieront tôt ou tard l’addition.

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