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Gilles Carrez, rapporteur de la commission des Finances de l’Assemblée nationale et membre de la majorité, n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a présenté le budget 2008 aux autres députés : « Le présent projet de loi de finances, le premier de la XIII e législature, n’est pas un budget de rupture ».
Si ces propos ont le mérite de la franchise, ils n’ont pas manqué de jeter un froid : où sont passées les promesses électorales ?
Certes il y a bien la loi « TEPA » (Travail, emploi pouvoir d’achat), du 21 août 2007, qui prévoit de réels aménagements du système fiscal : allègement des droits de succession, réduction d’ISF pour les contribuables qui investissent dans les PME, défiscalisation des heures supplémentaires… Mais ces mesures ne sont pas suffisantes et ne justifient pas les dérives financières du budget 2008.
Plus de dépenses
A partir de 2002, les gouvernements successifs se sont engagés à stabiliser la dépense publique en volume. C’est-à-dire que les dépenses de l’Etat ne doivent pas augmenter plus vite que l’inflation. Vu la situation financière : 1 200 milliards d’euros de dette publique, il s’agit d’une contrainte minimum.
Or, pour cette année, le gouvernement n’est pas capable de respecter cette simple règle qu’il s’est pourtant fixée lui-même. Les dépenses de l’Etat devraient augmenter de 5,5 milliards d’euros, ce qui représente une augmentation supérieure de 15 à 20 % par rapport aux prévisions d’inflation (1).
Plus de prélèvements
Pour couvrir les nouvelles dépenses et ficeler son budget, le gouvernement table sur une vieille recette éculée : « le retour de la croissance »... Les Français vont bien travailler, l’économie va repartir et les caisses de l’Etat vont se remplir toutes seules… CQFD !
Seul « hic », les principaux conjoncturistes (GAMA, HSBC, JP Morgan, Morgan Stanley, Natixis, Société générale) prévoient une croissance, pour 2008, de 1,7 à 1,8 % du PIB (2)… Pas de quoi fouetter un chat. Pour sa part, le gouvernement a basé son budget sur une croissance de… 2,25 % ! Autrement dit, si la croissance n’est pas au rendez-vous, comme le prévoient les principaux experts, le déficit de l’Etat explosera littéralement.
Plus de déficit
Malgré cette croissance surévaluée, le déficit budgétaire de 2008 a été fixé à 41,7 milliards d’euros, soit 3,4 milliards de plus que celui réalisé en 2007.
Conséquence : les intérêts de la dette devraient atteindre 40,8 milliards d’euros. Un nouveau record !
40,8 milliards d’euros, cela représente deux fois et demi le budget du ministère de l’Intérieur et plus de six fois celui de la Justice.
En terme de gaspillage, le budget 2008 est celui de la continuité.
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(1) Les dépenses devraient augmenter de 1,9 % alors que l’inflation est prévue à 1,6 %.
(2) Et même 1,5 % du PIB pour la BNP-Paribas.
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