|
Vu les résultats du premier tour des législatives et l’espoir suscité par les promesses électorales du nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, la victoire de l’UMP s’annonçait écrasante avec 450 sièges à l’Assemblée et peut-être plus... Or, le verdict vient de tomber et la majorité ne comptera finalement que 345 sièges.
Certes, cette majorité est très confortable et permettra au Président de mener librement sa politique mais, en seulement quelques jours, le retournement de situation est spectaculaire et sans précédent.
L’explication tient en deux mots : « TVA sociale ». Le Président de la République et le gouvernement qui s’étaient engagés pour une « politique de rupture » ont fait part de leur intention de financer le gouffre de la Sécurité sociale grâce à une vieille recette éculée : la création d'un nouvel impôt.
Dans ce contexte, la défiance des électeurs est légitime et la sanction aurait même pu être bien plus lourde.
Voilà près de vingt ans que les gouvernements successifs promettent une réforme structurelle de la Sécurité sociale mais, en réalité, les mauvaises habitudes perdurent : augmentation des prélèvements, encore et encore, pour maintenir en survie artificielle un système archaïque et à bout de souffle. Les années 1970 et 1980 ont été celles de l’explosion des cotisations sociales, les années 1990 celles de la CSG-CRDS et les années 2000 devraient être celles des déremboursements et de la TVA sociale. Jusqu’où ira-t-on ?
Plutôt que d’adapter notre système social aux grands défis à venir : santé, vieillesse et dépendance, nos dirigeants politiques sont obsédés par l’idée de sauver coûte que coûte le mode actuel de Sécurité sociale et la bureaucratie qu’elle a enfanté. L’intérêt de l’administration prime sur celui des individus.
C’est de ce type de dérives dont nos concitoyens ne veulent plus. Ils l’ont exprimé avec force tout au long de la campagne électorale. Mais il semble que, contrairement aux apparences, nos dirigeants ne les aient pas vraiment entendus.
Les résultats des élections du 17 juin sont, à ce sujet, un avertissement sans frais.
A bon entendeur, salut !
|